Alimentation 2/2 : qu'est-ce qu'on mange?

Après la théorie de l'alimentation physio et vivante, cf article précédent Alimentation 1/2, voici la pratique du quotidien prosaïque: si tu te demandes comment améliorer ton alimentation, ça peut être utile de te demander comment faire moins pire, c'est-à-dire limiter les dégâts nutritionnels tout en limitant les frustrations. Donc les stresssss.

 

L'alimentation doit être nutritionnellement de qualité ET aussi un plaisir (gustatif, visuel, olfactif), bon sang! Ce couple a plus de chances de procurer à ton corps des bénéfices sur de nombreux plans que le plaisir solitaire intellectuel de t’enrôler dans une alimentation super saine/stricte ou le plaisir socio-culturel inconscient d'ingurgiter des aliments peu appropriés à la physiologie de ton corps.

 

Qu'importe les modes pour manger cru, vivant, physio, hypotoxique, moins acidifiant, paléo, céto, vegan... Au final, si ce que tu manges est aussi agréable que de mâcher du papier journal, t'as beau te dire le plus convaincu du monde que c'est bon/bio/physio/sain pour ta santé, t'auras qu'une envie à la fin de la journée, c'est de retrouver au fond de ton placard le paquet de gâteaux acheté 1,05€ au magasin discount du coin. Oui, celui que tu avais caché, rempli de honte, pensant que tu allais l'oublier. Bien essayé!

 

Que nenni, quand ton plaisir sensoriel/sensuel n'est pas satisfait, tes bonnes résolutions vont durer autant qu'un feu de paille bio. Et tu vas t'en vouloir, cherchant le fouet en reluquant feu le paquet de gâteaux décédé sous les coups de ton vorace appétit (de vivre, de ressentir du goût/plaisir). Le pulsionnel est entre autre issu d'une déplétion micro-nutritionnelle car ton corps va rechercher dans la malbouffe le peu de micro-nutriments dont il a tant besoin pour compenser tes stresssss; comme il ne les trouve pas en quantités suffisantes, il va te donner envie de finir le paquet à chaque fois pour en retirer quelques micro-traces. Il y a toujours un besoin physiologique derrière une pulsion, rien n'arrive par hasard dans ton corps. Il fait tout pour s'adapter au mieux, il est le roi de l'optimisation et se sert de ce que tu as sous la main, quoi que cela soit. Même des chips: quand tu finis par lécher le paquet et tes doigts, tu ne te transformes pas en vache, tu es juste en manque de sel - dommage, le sel raffiné industriel est aussi raffiné nutritionnellement qu'une planche de bois flottant. En plus d'être addictif, c'est bien pour ça que les industriels sont riches, et les apports nutritionnels, pauvres.

 

Il y a aussi un (des) besoin(s) émotionnel(s) derrière une pulsion, être (hyper)sensible bien élevé que tu es. J'ai été boulimique, je sais de quoi je cause. J'ai encore des moments de compulsion alimentaire quand mon espace émotionnel est douloureux et que je ne lui ai pas apporté la lumière de ma conscience, la présence de mon amour. Maintenant, mon confort digestif a plus à voir avec comment je me sens qu'avec ce que je mange, alors qu'auparavant, après des années de boulimie et de mal-bouffe, mon ventre était dans un triste état et j'ai mis des années à améliorer son état. Aujourd'hui, il y a des jours, quoi que je mange de super sain/physiologique/vivant, je peux avoir des ballonnements ou l'impression que je ne digère rien. C'est dû à mon espace émotionnel me signalant que ce serait bien que je m'attarde un peu sur ce que mes tripes et mon cœur ressentent. Tous les symptômes se calment quand je suis en phase intérieurement après avoir digéré mes émotions.

 

Je me suis tellement pris la tête pour manger sain que je consommais des aliments sans aucun plaisir. Autant te dire que boulimiquement, le boomerang revenait rapido avec un vent fort de culpabilité, entouré d'un nuage d'auto-flagellation à la hauteur de la faute commise. Reine des frustrations dans la vie tous plans confondus, ça ne va pas très bien avec trop de volontarisme alimentaire: ça les augmente. A vouloir être trop parfait, on devient sado-maso. Oh oui, fouette-moi, j'aime ça tellement je suis mauvaise! Fouette-moi encore, je le mérite, j'ai honte!

 

 

Goûter aux sens

Aimer souffrir est inconscient. A un moment donné, j'en ai eu marre de me faire du mal en pensant me faire du bien, j’ai arrêté. Je consomme quelques aliments transformés, non-physiologiques ou traditionnels de temps à autre, pour mettre KO l'auto-persécution.

 

Quand je suis invitée, évidemment, puisque personne ne mange comme moi! Ah la raclette, le gratin dauphinois, la choucroute, la tarte au flan de ma mère (au lait végétal, quand même), la brioche aux pralines (spécialité lyonnaise), l'éclair au chocolat, le millefeuilles, le fondant au chocolat coulant... Joies, soupirs de bien-être des papilles. Je sais qu'ils ne sont pas optimum micro-nutritionnellement parlant mais ce n'est pas en manger une fois ou deux par semaine qui va bousiller mes intestins ni vriller mon équilibre alimentaire.

 

Plus on a une bonne santé intestinale et des habitudes qui tendent vers le respect des besoins physiologiques du corps, plus on peut manger ponctuellement des aliments au bord du suicide nutritionnel sans aucune conséquence. Le plaisir et le partage compensent le fait d'avoir "fauté".

 

Le corps a des réserves nutritionnelles pour faire face à des mois de pénurie (ancien temps) ou de déséquilibre (vie moderne) alimentaires. Chill out, ce n'est pas parce que tu ne manges pas tes graines de trèfle germées (à 4 feuilles, ça t'a coûté 3 bras), ton lait de noisettes au tofu fermenté ou ta ration de lentilles en robe de chambre curcuma pendant un jour ou une semaine que tu es foutu! Les réserves nutritionnelles se constituent sur des semaines, des mois même. Raison pour laquelle on peut déguster des merdouilles industrielles et avoir des problèmes de santé en fin de vie, pensant que c'est la vieillerie qui s'installe indubitablement. On n'arrive pas à faire le lien car tout déséquilibre alimentaire s'installe sur le long terme, les manques affamant les cellules silencieusement et les toxines non-évacuées se déposant précautionneusement dans les tissus/articulations/organes... Et quand ça s'installe, ça prend la jolie forme d'une pathologie chronique qu'on se demande d'où qu'elle sort celle-là...?!? Hygiène de vie, en grande partie.

 

Occasionnellement, je répète, manger "conventionnel/industriel", ça passe très bien. Je n'ai aucune envie de devenir une terroriste de la nutrition. Surtout socialement, ça le fait pas, déjà que ma vie sociale est plus déserte que le Sahara et la Mongolie réunis... Quand j'ai l'occasion, je me fais plaisir. Je savoure bien, et ça ne me manque pas au quotidien. Je ne me verrai pas manger comme chez les autres ou au resto tous les jours. Mon système digestif n’appréciait pas et j'aurais hâte de retrouver mes placards remplis de graines à germer ou de légumes lacto-fermentés.

 

De toute façon, quand tu pars du principe que c'est impossible d'avoir une alimentation parfaite, à moins de faire un saut dans le temps il y a un siècle où tout était forcément bio, avant l'avènement il y a 70 ans de l'industrialisation et des produits chimiques dans l'industrie agro-alimentaire (le mot "industrie' à côté de "alimentaire" ça fait quand même froid dans l'dos). Donc, quand tu sais que depuis ta naissance, depuis celles de tes parents même (patrimoine génétique balancé dans tes cellules), tu baignes amplement dans des produits de synthèse dangereux, tu te dis que le corps humain a une sacrée résilience, et qu'il ne faut pas flipper outre mesure si tu manges chez des amis de temps en temps de la nourriture pour boites de supermarchés. Parfois, entre le rayon pour chien/chat et le rayon pâté de campagne pour humains, on se demande la différence. Les animaux n'ont pas pire à laper que ce qui se trouve dans notre gamelle.

 

Ou si tu manges tout seul, un jour, par inadvertance, en le disant à personne, en cachant la preuve aux fond des poubelles, en te promettant je-ne-le-ferai-plus-juré-craché (si tu le referas), des gâteaux plein d'huile de palme, de gluten, de sucres raffinés et gras trans, bourrés de conservateurs, qui n'ont de naturels que la photo (et encore, elle est retouchée). Assume, en conscience. La culpabilité et la honte sont aussi peu sexy et jouissives pour le corps qu'une nonne qui n'a jamais connu d'épilateur ou de vibromasseur de sa vie. En plus, ça apportent énormément de stress à ton inconscient rempli de plaisir coupable qui n'a pas besoin de ça du tout. La prochaine fois que tu te regarderas en chien de faïence après avoir mangé un aliment tentateur, promets-toi que la fois suivante tu le feras en te pourléchant les babines. Il n'y a pas de petit progrès, ton état d'esprit conditionne ta santé. Quand tu arrêteras de te fouetter, tu auras un peu plus d'énergie. Et tu achèteras de la crème fouettée pour d'autres plaisirs très sensuels très très bons à la santé. La crucifixion, c'est has-been, my dear. Les dieux et déesses de l'univers aiment quand tu t'aimes sans te faire souffrir.

 

 

D'ailleurs, je te recommande chaleureusement d'aller t'acheter prochainement quelque chose que tu t'interdis ab-so-lu-ment! pour t'autoriser un orgasme gustatif. Parce que le plaisir, comme le rire, est une des clefs pour retrouver ton énergie. Tu ne peux pas aller mieux si tu te baffes à chaque fois que tu manges quelque chose que tu n'aimes pas (mais que tu estimes sain, donc bon) ou à chaque fois que tu craques pour quelque chose que tu aimes (mais que tu estimes malsain, donc mauvais).

 

C'est tordu, c'est pas possible d'être en bonne santé digestive comme ça! Je te suggère de sortir le plus vite possible de cette croisade inique parce que ça te crée des stresseurs (de malade) sans que tu t'en rends compte, malgré toutes tes meilleures intentions. Et je t'ai déjà expliqué l'ampleur des stress sur ton système nerveux autonome, quels que soient les stresssss! (cf article comment fonctionne ton SNA).

 

Ton merveilleux corps, chimiste émérite surdoué, produit des hormones de plaisir/bien-être (sérotonine, endorphine, noradrénaline, ocytocine, dopamine) aussi vite qu'il peut produire des hormones de stress (adrénaline, cortisol) quand tu te sens en danger (réel ou imaginaire). Tu ne peux pas être stressé quand tu prends du plaisir ou rigoles, même si toute activité est un stress au sens physiologique du terme, c'est-à-dire entrainant des réactions hormonales/biochimiques, pas au sens flip/stressant du terme. Il suffit de choisir l'activité-plaisir, et la durée de l'activité. Que ce soit manger quelque chose qui te régale (un bout de gâteau, pas le gâteau en entier), te masser ou te faire masser (même le cou pendant 3mn), prendre du plaisir sexuel en solitaire ou à deux (ou à trois, c'est toi qui vois, au diable la morale castratrice, plus y'a de monde, plus ça prend du temps, fais gaffe au crash!), regarder une comédie (même 10mn), jouer avec ton enfant (même 5mn), toute activité va solliciter ton SNA et entrainer une réaction biochimique en réponse. Si l'activité est trop énergivore pour ton corps (trop de digestion, trop de sollicitations sensorielle/cognitive), ton corps va développer à terme plus d'hormones de stress que d'hormones de plaisir/bien-être. Si l'activité reste dans la proportion que ton corps peut supporter (sa capacité adaptative), il va rester sur le mode bien-être sans t'épuiser, et c'est tout bénef pour apprendre à te relaxer et à retrouver goût à la vie. Si une activité te déplait ou te fait peur, largage d'hormones de stress à gogo, que tu peux limiter en réduisant le temps d'exposition à l'activité (durée/intensité/ fréquence).

 

Tout revient à une compréhension de cette balance activité/réponse physiologique et du ratio plaisir/déplaisir: activité plaisir (miam-j'adore!-ooohhhaaaah-encore!-qu'est-ce-qu'on-rigole) - activité déplaisir (beurk-non-pas-ok-pas-comme-ça) - activité stressante (j'ai-peur-c'est-trop-on-arrête-tout-de-suite!). C'est toi qui gères, c'est ton corps, personne ne peut te forcer à ingérer des aliments que tu n'aimes pas, ni à avoir des activités sensorielles/sensuelles, ni à avoir une quelconque activité, physique/intellectuelle/artistique/relationnelle... C'est toi qui dit oui, non, la dose, la fréquence, le lieu, avec qui, comment. Terminée l'inquisition extérieure, vive le patronat intérieur. Ton SNA est à tes commandes, il réagit à ce qui te fait réagir. C'est toi qui décides d'agir, ou pas, en premier lieu. Côté nourriture et pour tout le reste.

 

La question est: qu'est-ce que tu aimes manger? Et qu'est-ce qui te fait ressentir plaisir/satisfaction/joie en dehors de la nourriture ou autres activités physiques? Qu'est-ce qui est plus propice pour que ton corps sécrète des hormones de bien-être qui feront aussi du bien à ton esprit? Comment compenser tes stress par des activités chouettes? Plusieurs questions en fait.

 

En regard de tout stress (physique/cognitif/sensoriel/relationnel), demande-toi ce que tu peux mettre pour contrebalancer l'effet biochimique d'hormones adrénaline/cortisol trop épuisant pour ton corps. Même à toute petite dose, c'est comme ça que ça fonctionne pour remuscler en douceur ton SNA, rééquilibrer ton SNsympa giga stresssssé et réenclencher ton SNparasympa écrasé par les stresseurs qui activent son frère jumeau, le SNsympa. Sachant que même quand tu es content, faire une activité physique déclenche aussi du cortisol car toute activité, quelle qu'elle soit, sollicite tes surrénales. Donc, avoir zéro adrénaline/cortisol dans le sang est impossible, physiologiquement. Toute joie ou plaisir est un stress, même si positif selon ton appréciation/vécu, ce qui te rajoute de belles hormones bienfaisantes (2 en 1, tant qu'à faire).

 

Mieux vaut sortir de la culpabilité et du contrôle. rien n'est sain ou malsain en soi. Tout est relatif, et tout dépend de ce que tu aimes/aimes pas, de la dose et de fréquence, je répète. Tu n'es pas un pauvre pêcheur, tu es un être humain hypersensibilisé qui vit plein de choses extrêmement difficiles et qui a tout sauf besoin de se rajouter de la pression. Souvent la pression de vouloir "guérir, combattre la maladie" est tellement forte qu'elle empêche les processus nécessaires à sa réalisation. Trop de volonté, comme trop de laxisme, aboutissent au même point: rien ne se passe comme tu espères, tu es dégouté et ça renforce tes frustrations, ton sentiment d'impuissance et tu redoubles d'efforts pensant que tu n'en fait pas assez. Ce qui crée des stresseurs de plus en plus forts.

 

Tu en fais trop, et tu te tapes la tête contre les murs de l'impasse dans laquelle tu penses qu'un mauvais sort t'a placé. Erreur de perspective. Rien de grave, je suis passée par là pendant 15 ans, j'ai beaucoup d'expériences en loose existentielle intégrale. J'étais devenue très professionnelle en la matière, alors relaxe, tu vois que rien n'est perdu!

 

Encourage-toi, fais-toi plaisir à dessein, à petites doses, régulièrement, pour limiter l'impact de changements alimentaires, si c'est vraiment ce que tu veux faire. Si tu es trop dans la volonté, cette hyper-exigence va tellement stresser ton corps que tu ne pourras pas permettre à ton esprit de se relaxer. Ton SNsympa ne pourra pas redescendre de tout ce shoot hormonal engendré. Si tu as ou penses avoir le tampon 'EM/SFC' ou 'fibromyalgie', il y a des chances que tu en aies cumulé plus que nécessaires au compteur de ta vie.

 

C'est stressant pour le corps d'avoir à long terme une alimentation non-physiologique (manques de qualités et quantités nutritionnelles), mais rien de pire qu'une alimentation vivante-physiologique en mode mère supérieure pincée pour rendre tes rdv avec ton assiette anxiogènes et peu productifs. Il y a des personnes qui mangent bio toute leurs vies, font du jeûne, des régimes de ci et ça et qui meurent de cancer du poumon sans avoir jamais rien fumé à part l'air des montagnes. Parce qu'ils ne rient pas assez et que le plaisir de vivre n'est pas convié à leur table.

 

Relaxe! Le manque de nutriments produit autant de stresseurs/toxines que le manque de joies et de satisfactions personnelles. Les stressssss physio et psycho ont un impact biochimiques sur ton corps qui ne fait pas la différence. Autant le savoir et à toi de t'éduquer suffisamment pour balancer les deux. La peur et l'ignorance sont les ennemies du bien. La religion alimentaire est l'ennemi de la santé. Autant devenir profane et découvrir les choses par toi-même en écoutant ton corps, il te dira ce qui lui va. Il te dit toujours où il en est, c'est juste que tu n'es pas habitué à l'écouter, ou à te faire vraiment plaisir.

 

 

Sourire à la vie

Si tu as envie de changer certaines choses dans ton alimentation, demande-toi si c'est le meilleur moment pour le faire, compte tenu de tes niveaux de stress. Peut-être que la priorité serait de te relaxer avec des techniques de respiration/méditation, de te masser délicatement avec des huiles essentielles qui agissent sur le cerveau émotionnel, l'amygdale et l'axe endocrinien HPTA (hypothalamus, pituitaire, thyroïde, adrenals - surrénales en fr).

 

Peut-être que tu as besoin de réapprendre à sourire et à rire, en lisant des BD (j'ai fait ça pendant plusieurs semaines l'année dernière, je n'avais pas la force de lire des livres), regarder des vidéos sur YouTube d'animaux qui se cassent la figure ou de bébés qui rigolent, ou des vidéos no prise de tête (Norman, vas-y jette un œil, même si ce n'est plus de ton âge, on s'en balance!). Il y a aussi les sketchs d'humoristes (radio et vidéo), les comédies potaches (netflix en regorge), des séries où tout le monde meure (ça défoule les pulsions destructrices, la rage inconsciente), bref tout ce qui peut tendre à te faire régresser en enfance/adolescence pour muscler tes zygomatiques en te faisant oublier de tout prendre (trop) au sérieux. Dessiner, peindre, même n'importe comment, tu n'es pas obligé d'être un artiste! T'as qu'à regarder les dessins d'enfants, ils ne se prennent pas le chou à se juger, ils dessinent des choses très moches et ils adorent ça.

 

La photo de ce bébé à croquer, je l'avais mise en fond d'écran de mon bureau sur ordi il y a plus de 2 ans pour me rappeler ce qu'est la vie et la joie au début quand on nait/est sans stress... Ça me rappelait de croire en la vie, même si je n'avais pas du tout envie de sourire. Quant tu vois ce regard vibrant d'amour et de joie, tu ne peux pas complètement désespérer. Ça parle à ton âme et à ton inconscient de tous les moments passés dans ta vie à être... Simplement heureux de vivre. Et que tout est possible, le meilleur comme le pire. Que tout est un passage et qu'il n'y a pas de bile à te faire, spirituellement parlant. Humainement, c'est le boxon, je reconnais, mais rien d'inéluctable. A moins que tu crois le contraire, ton état d'esprit et tes croyances déterminent ta santé.

 

J'ai commencé par des petits trucs qui arrivaient à peine à me faire esquisser un sourire tellement j'étais déprimée-exténuée. Même si je croyais en la guérison (je voulais y croire, surtout), la plupart du temps ça me paraissait à des années-lumières. Je collectionnais les crashs, les rechutes, les blessures de ne pas y arriver et de ne pas me sentir soutenue. Retrouver mon âme d'enfant joyeux a été long mais aussi salutaire pour mon esprit que manger mieux pour mon corps. La joie est un fabuleux médicament, produit à volonté et en toute indépendance scientifique par ton merveilleux petit labo corporel, affilié au lobby de la vie en toi. Quand tu comprends un peu comment il fonctionne, ça aide.

 

Si tu veux modifier ton alimentation, vas-y doucement: mets en regard de chaque petit changement une petite compensation pour t'encourager. Gâte-toi par exemple avec un nouveau dessert (moins bourré de conservateurs ou de sucres) à déguster en te félicitant  de découvrir de nouvelles choses pour initier cette amélioration alimentaire. Deviens curieux des rayons de ton magasin, achètes de nouveaux produits pour les tester. La curiosité est la sœur du plaisir. Recherche à faire vibrer tes papilles, même un tout petit peu, au détour d'un rayon. Faut bien commencer quelque part. Si tu recherches la frustration, tu vas la trouver aussi et là-dessus tu as suffisamment d'expériences! Focalise-toi sur ce qui peut être bon pour ton corps et ton esprit, c'est comme ça qu'on exerce sa neuroplasticité à créer de nouvelles connexions plus légères/joyeuses/bénéfiques. Et c'est comme ça que ton état d'esprit se modifie petit-à-petit pour impacter ton corps de façon plus bénéfique.

 

Si tu te sens de poursuivre vers une transition alimentaire plus importante, sans être extrémiste là encore, tu peux continuer par ajouter 2/3 nouveaux aliments (une fois par mois par exemple) tout en enlevant certains autres: sucres raffinés, aliments industriels, le gluten du blé moderne (un OGM, 4 fois plus de gluten que le blé de nos grands-parents, présent dans les pâtisseries, viennoiseries, pain et pâtes), café, thé noir et boissons énergisantes (excitants pour les surrénales, ce qui les épuisent encore plus à terme; irritants pour les intestins fragiles car enflammés; trop stimulants pour le nerf vague hyper-sensibilisé chez les personnes dont le cœur bat vite). Et tu verras ce que ça fera sur ton corps. Étape après étape. Petit pas de bébé après petit pas de bébé.

 

T'inquiète, je mange pas mal de sucres (naturels), plein de graisses (que des bonnes, j'en ai jamais mangé autant), des protéines (moins que les recommandations officielles), du chocolat pas bio, du fromage et autres aliments acidifiants, et je vais très bien intestinalement parlant (sauf quand je ressens des stresssss émotionnels). Parce que j'ai appris à me relaxer, à respirer, à être présente à ce que je ressens, même si c'est inconfortable, flippant ou violent. J'ai appris à prendre de la distance avec la notion de maladie inéluctable, à remettre en question mes habitudes (comportements et pensées). J'ai appris toutes ces choses avec le temps, beaucoup, beaucoup de temps. Je continue d'apprendre. Et je me marre de plus en plus, toute seule le plus souvent.

 

 

Miam slurp gloups

Je mange beaucoup de végétaux mais j'ai découvert que les familles de fruits (frais/secs/gras/à coque) et de légumes (feuilles/racines/fruits/tiges/fleurs) sont plus vastes que ce que je croyais. Le mode de préparation est important pour préserver et développer le potentiel micro-nutritionnel des aliments, aussi j'utilise peu la cuisson tout en mangeant cuit/pas complètement cru l'hiver...

 

Tu vas te dire "quoi?!?" Ça a l'air pas compatible mais je mange chaud/pas complètement cru sans cuire beaucoup de mes aliments, ce qui préservent leur richesse micro-nutritionnelle tout en les rendant digestes. Car le cru, faut se le mâcher, puis faut se le digérer et quand tu es stressé avec peu d'enzymes digestives dans ton estomac tellement ta vie est un calvaire, avec ton SNsympa au taquet du matin au soir, t'as tout sauf envie de ruminer du cru pendant des heures.

 

En plus, si tu penses avoir la quantité, c'est trompeur car les végétaux prennent de l'ampleur dans ton assiette mais au final dans ton estomac, t'auras pas assez de quantités donc d'apports. et question rendement, mastiquer pendant des plombes pour être en famine macro et micro-nutritionnellement, frileux en hiver, c'est pas la bonne technique. Impossible pour moi, je cale au bout de 10mn de mastication intensive même si j'ai de bons crocs. En période froide, le cru mélangé à du chaud en salade composée par exemple, c'est chouette comme alliage de croquant. Plus des aliments gras, denses, protéinés.

 

Le cru, c'est aussi la germination (trempage pendant une nuit) de graines/céréales/légumineuses. Je l'utilise pour pré-digérer des aliments qui seraient plus difficiles à digérer autrement et moins bien assimilés. Ça gagne de l'énergie nerveuse car la digestion prend 40 à 50% de ton énergie vitale, ce qui est beaucoup quand tu es sur-épuisé: après le repas tu peux avoir une baisse drastique d'énergie, ton corps priorise ta digestion, pas le moment de bouger ou même de cogiter. Quand j'étais au plus mal, après chaque repas j'étais obligée de m'allonger pendant 1h car j'étais tellement épuisée d'être allée à la cuisine pour prendre mon repas, puis ensuite de sentir la digestion qui commençait, que j'étais en mpe direct (j'étais en mpe tout le temps de toute façon, quelle que soit la plus petite activité comme aller aux toilettes).

 

Mon alimentation est un mix de tout ce que j'ai découvert d'intéressant, de mes goûts et de mes besoins actuels. C'est-à-dire là, aujourd'hui, en saison froide.

 

La raison de mes achats est aussi liée au fait que je finis toujours par acheter les mêmes trucs, que j'ai la flemme de préparer certains, que j'ai une petite cuisine, pas de four, peu de placards donc je fais minimaliste côté stocks et casseroles, et que j'aime pas faire trop de vaisselle. Purement prosaïque, je suis pragmatique avant tout: le plus de qualité/facilité pour compenser les contraintes. J'en tire une réelle philosophie de vie. C'est ma devise optimaliste, Jo-la-débrouille, mon avatar de garçon manqué.

 

Cela s'est mis en place sur plusieurs années, ça évolue au fil du temps. La plupart du temps, pratiquement mais pas absolument, sont au menu chaque famille d'aliment (pas toute la liste de chaque élément, je suis pas Gargantua hein!):

 

- fruits de saison

- légumes feuilles/racines/amidonnés (vapeur douce ou à la poêle),

- œuf à la coque ou des fermes qui laissent leurs poules en liberté totale,

- oléagineux, fruits à coque germés (trempés une nuit): noix diverses, souchet, amandes, noisettes, graines de sésame/tournesol,

- graines de chia trempées 20 mn dans de l'eau (pour faire des desserts qui se tiennent),

- fruits gras: olives (pas bio), avocat,

- fruits secs: datte, fruits secs réhydratés dans un verre d'eau: figue, raisin, pruneau, abricot, cranberries, mûres,

- légumes lacto-fermentés (faits maison),

- graines germées: radis, alfalfa, fenugrec, tournesol,

- huiles bio 1ère pression, extraites à froid: coco, sésame, olive, chanvre, lin, carthame, noix (un mélange d'huiles pour la vinaigrette, et une huile riche en oméga 3 pour assaisonnement à froid; les seules huiles que je chauffe sont celles de sésame et de coco),

- purée de sésame, purée de cahuète (sans sucres/huile ajoutés),

- miel, sucre complet, chocolat noir à 70%, cacao sans sucre,

- yaourt de soja nature (pas bio),

- curcuma frais à la croque (pour ne pas tâcher mes couteaux et plan de travail), gingembre frais,

- farines crues de coco, souchet, millet, lupin (rapide, pas à faire cuire, à mettre dans les soupes ou desserts pour épaissir) en alternance avec des flocons pré-cuits de millet/sarrasin,

- algues marines fraiches crues,

- légumineuses germées crues,

- pain 100% seigle industriel (voui), en alternance avec du pain au levain ou des cracottes de sarrasin.

 

De temps à autre:

 

- copeaux de noix de coco, poudre d'amande (pour les desserts),

- charcuterie (j'adore le saucisson, le bacon et la viande de bœuf séchée),

- tofu, steak haché mariné, truite fumée, sardines (je suis amoureuse des œufs coque),

- fromages au lait cru (brebis, chèvre), comté,

- épices, herbes (j'oublie souvent d'en mettre dans mes plats),

- beurre au lait cru (quand je pense à en acheter),

- autres viandes, poissons, pas bio (quand je suis invitée, je n'aime pas les cuisiner, je n'ai pas de hotte alors bonjour les odeurs).

 

 

Et plus rarement: légumes surgelés (en dépannage), légumineuses/céréales germées cuites à la vapeur douce (je me plante à chaque fois sur le temps de cuisson, ça m'énerve de manger trop dur ou trop mou, je les oublie dans le placard).

 

Je ne cuisine pas, j'assemble, c'est à dire qu'à part faire cuire des légumes à la vapeur douce ou à la poêle rapido, j'utilise peu la cuisson. Une soupe/purée me sert de base (je mixe des plantes sauvages crues, pissenlit, plantain, ortie, cueillies dans les champs, avec des légumes cuits) pour mettre plein de choses dedans: crudités, graines germées, légumes lacto-fermentés, oléagineux, avocat, olives, farines crues ou flocons pré-cuits, histoire de faire quelque chose de dense. Parfois, je cuisine à la poêle des croquettes végétales, sortes de gloubi-boulga de céréales ou légumineuses germées/légumes amidonnés, épices, œuf, herbes. Ou casser un œuf sur des légumes poêlés. 10 mn max de préparation. Basta. Je n'aime pas rester devant ma plaque de cuisson et j'assemble le plus de choses possible pour faire un plat unique, avec un petit dessert à la fin, riche en sucres naturels et bonnes graisses: cacao brut, miel/sucre, fruits secs réhydratés et oléagineux germés. Miam, simple et rapide. Ma devise cool-Raoul, autre avatar.

 

Je n'achète jamais de laits végétaux car c'est 99% d'eau, pas question que je paye 2,5€ pour un litre de flotte aromatisé à l'amande ou autre. C'est facile de faire son lait à l'extracteur de jus mais j'ai la flemme de sortir la machine juste pour ça (faut nettoyer après, surtout).

 

Je bois occasionnellement tisane/thé, pas des litres à la fois car cela dilue trop les sels minéraux de la circulation sanguine, l'équilibre du plasma sanguin étant un point clef à comprendre en cas d'épuisement surrénal. Boire de l'eau ou tout liquide qui ne contient pas (peu, des traces) d'électrolytes (sels minéraux: sodium, calcium, potassium, magnésium) sollicite trop les reins qui sont déjà épuisés en cas... d'épuisement chronique. Les surrénales sont HS, aller faire pipi fait fuiter les précieux minéraux dont ton corps a tant besoin pour se régénérer. Je bois le plus souvent de l'eau avec dans le fond du verre de l'eau de mer (plasma de quinton, 'aqua del mar' en cubi sur Amazon ou sur Biovie si tu veux être sûr de la provenance), comme ça j'ai toujours des minéraux totalement biodisponibles dans ma circulation sanguine pour aider mon organisme à se revitaliser en profondeur et en douceur. Je n'en bois pas des litres pour éviter d'aller aux waterclosets toutes les heures comme je faisais avant quand je croyais qu'il fallait beaucoup boire d'eau (recommandations officielles, icône yeux en l'air). Je m'épuisais encore plus. Boire trop d'eau salée est aussi délétère car les reins vont avoir du taf pour filtrer l'excédent minéral, ce qui les épuisera autant que s'ils avaient trop d'eau à évacuer parce que tu adores boire de grands mugs de thé 3x/jour. Comme en tout, mesure, prudence, rien n'est miraculeux, pas plus l'eau de quinton que tout le reste de l'alimentation "bonne" pour la santé! Tout peut devenir mauvais à la santé, question de doses. Plus ton système nerveux est épuisé, plus il s'agit de procéder à petites touches pour chaque changement/ajout, très lentement. Ce qui au final fait gagner beaucoup de temps et t'évitera de vivre des expériences dramatiques comme j'ai vécu.

 

J'ai découvert ça en m'intéressant à la reminéralisation, pour régénérer le fonctionnement surrénal et l'organisme en entier. Qui m'a appris ça, devine? Les trois mousquetaires de l'hygiénisme et de la vitalité: Pierre-Fabien-Titi (cf les playlists de ma chaine YT). Les stress pompent énormément de minéraux, et il ne suffit pas de manger tout bio des produits hypotoxiques pour retrouver la forme. Les stress sont acidifiants et "enflammants" pour l'organisme, comme manger trop de produits raffinés (sucres/laitages/charcuteries/viandes industrielles et autres). Ils inhibent le fonctionnement du système digestif, les enzymes partent en vacances prolongées, ce qui n'aide pas ton bol alimentaire à être décomposé afin d'être ensuite bien assimilé par tes intestins - qui redistribuent les nutriments/molécules à qui de droit dans ton corps via la circulation sanguine. Si je ne me trompe, j'ai pas révisé ma physio. Je m'autorise le droit à l'erreur.

 

Tu vois, y'a pas de mystère quand tu t'intéresses à la biochimie du corps, c'est tout simple, métabolique, très logique et très beau. Le corps ne fait RIEN par hasard. Il ne déclenche pas un épuisement à moins d'en être absolument obligé. L'alimentation vient renforcer l'épuisement ou le diminuer, tout dépend comment tu t'alimentes. Des activités joie/plaisir doivent apportent les nutriments indispensables à ton esprit/âme. Sinon tu peux vivre des années épuisé, même avec une bonne alimentation et hygiène de vie, même avec des dizaines d'heures de vol en méditation et respiration. Ce qui est hyper frustrant, tu penses que rien ne peut te guérir. Faut comprendre, ça m'a pris un certain temps et ça se résume pas à manger équilibré et dormir 8h/nuit.

 

Mon alimentation est non-exemplaire, je répète, issue d'aucun "bon traité de l'alimentation" ou "comment manger parfaitement pour devenir un super-héro plein de vitalité en 10mn". Okay? Parce que je te vois déjà te mettre la pression si tu compares ton assiette à la mienne et que tu penses ne pas manger assez bien/sain/physio... J'ai mis des années à avoir cette alimentation, en testant, en mangeant des choses qui ne me convenaient pas, en me plantant de cibles (méconnaissances des notions de macro/micro-nutriments, digestion/assimilation/biodisponibilité), en rageant, en pensant que mes intestins étaient bons à rien/foutus. Entre la théorie et ce que le ventre est ok de digérer/assimiler, il y a souvent un fossé. Ça demande du temps, je répète, et de l'amour.

 

Chacun est unique et tout le monde ne digérera pas les mêmes aliments de la même manière, ni aura besoin des mêmes quantités ou du même nombre de repas dans la journée. Mon optique est de miser sur la qualité parce que j'ai un petit appétit. La plupart du temps, en ce moment, je mange 2 repas/jour + 1 encas. Je jeûne le matin au réveil (entre 8 et 9h) pour faire mon yoga, un peu de muscu, prendre ma douche, méditer, bref me mettre en route en douceur, puis je déjeune entre 10 et 12h, encas vers 15/16h, dîner entre 18 et 20h. Ça dépend vraiment des jours, en général je laisse 5h entre deux prises alimentaires, j'ai remarqué que ça fonctionnait bien pour moi. Si je fais du jeûne intermittent sans encas, donc seulement avec 2 repas/jour, je maigris car je n'ai pas suffisamment d'apports caloriques avec 2 repas, vu mon petit appétit. Tu vois, c'est un exemple, ce qui ne veut pas dire que cela te conviendrait, car tu es peut-être un homme (pas les mêmes hormones), tu fais 80kg et tu as un estomac plus gros que le mien.

 

Tout dépend pour toi de ton appétit, de ta capacité digestive, de ce qui t'attire le plus naturellement. Le trio protéines/glucides/lipides est essentiel à ton corps, à chacun de trouver l'équilibre en aiguisant petit-à-petit son instinct parfois dénaturé par des années d'alimentation pesticidée. Les micro-nutriments sont aussi essentiels, et c'est important de comprendre les notions de déminéralisation et de biodisponibilité en cas d'épuisement chronique.

 

Voici quelques infos et les conclusions auxquelles j'en suis venue après quelques années. Comme je ne sais pas tout, je te recommanderais toujours de faire tes recherches toi-même ou de consulter un naturopathe-hygiéniste pour t'accompagner, l'un n'empêchant pas l'autre.

 

 

Tranquille mimille

'Souplesse' est le maitre mot pour mettre en place une nouvelle alimentation, plus propice à tes besoins nutritionnels et à ton confort digestif. Tout changement drastique créera des tensions et risquera de t'épuiser en plus de te dégouter de faire des changements.

 

Mieux vaut y aller tranquillou pour t'adapter en douceur et garder de la motivation. Ton système digestif a besoin de temps pour intégrer de nouveaux repères. Tu n'as pas besoin de plus de stresseurs dans ta vie, j'imagine.

 

Mange en conscience sans rien faire d'autre, mastique bien, prends ton temps. Envoie ton poing dans le groin de la culpabilité quand tu te fais des fringales intempestives, la répression est définitivement contre-digestive!

 

Je me répète, je sais, mais c'est très important: autorise-toi à manger des choses que tu penses "interdites" de temps à autre, surtout au début, le temps que tu découvres d'autres plaisirs gustatifs en remplacement. La rigidité est tout sauf un parangon de bien-être (digestif ici, en général aussi), cela crée des tensions bien plus importantes que de manger un bout de saucisson ou une barre chocolatée! Et tout ce qui entraine des stress active ton SNsympa, déclenche des hormones de stress, de l'inflammation, inhibe ta thyroïde etc... Tu connais la chanson si tu as lu mes précédents articles ou mieux, vu des vidéos des trois mousquetaires, ou lu des livres que je n'ai pas lus.

 

Ça peut conduire à l'orthorexie aussi, cette propension à vouloir absolument trouver la nutrition parfaite: elle n'existe pas, tu n'as pas besoin de tout contrôler au gramme ou à l'aliment près pour retrouver de l'énergie. Les troubles du comportement alimentaire sont reliés à une charge émotive importante (passée et présente), une reconnaissance de tes émotions est nécessaire pour ne pas verser dans le contrôle obsessionnel envers l'alimentation. Ce qui ne favorise pas une bonne digestion/assimilation car les stress inhibent le fonctionnement du système digestif et provoquent des symptômes: ballonnement, constipation, diarrhées, intestins irritables (irrités par trop d'inquisition orthorexique!)...

 

Ce qui est vraiment très trompeur et te donnerait à penser que tu n'as pas "la" bonne alimentation. La soi-disant maladie et toutes ses conséquences sur ta vie rendent ton quotidien très stressant et peu épanouissant. Si tu vas chercher à tout prix à acheter tel complément, tel extracteur de jus ou blender, ça améliorera bien les choses mais ça ne résoudra pas le problème à la base, qui est la suractivation constante de ton SNA due à tous les stresssss de ta vie passée et présente. Je ne fais que me répéter, c'est comme ça que ça rentre!

 

Si tu estimes ton alimentation correcte sans être parfaite car tu as déjà lu et effectué pas mal de modifications, cela peut très bien suffire. Te focaliser sur tes symptômes digestifs peut te faire acheter des compléments alimentaires qui ne sont pas forcément nécessaires à ton corps et peuvent même provoquer une surcharge digestive en lui demandant de la ressource pour filtrer/détoxifier ce trop-plein. Ressource qui ne sera pas mise au service d'autres processus dans ton corps.

 

Ce n'est pas manger bio et uniquement des produits bruts, cueillis à maturité, non-industriels ou crus, qui va permettre à ton corps de retrouver la pleine vitalité - même si c'est essentiel car une alimentation designée pour respecter la physiologie de ton corps va lui fournir les matériaux dont il a tant besoin pour se reconstruire au niveau métabolique, comme je l'ai déjà dit. Essentiel mais pas suffisant. C'est tout un ensemble, un équilibre nutritionnel et gustatif, une écologie de vie à favoriser, sans tomber dans le perfectionnisme destructeur.

 

C'est pourquoi au-delà de l'alimentation, c'est important que tu comprennes dans un premier temps comment ton corps fonctionne, sa physiologie, la relation étroite entre tes systèmes corporels. Au fil des semaines à t'immerger dans ces nouvelles notions, tu comprendras que la maladie n'existe pas en tant que telle, et que tout est relié dans ton corps: tous les systèmes, tous les organes, toutes les fonctions, les unes entrainant d'autres qui en entrainent d'autres etc. Et que ton esprit anime et vit tout cela, esprit hypersensible dans un corps hypersensibilisé que tu es.

 

Si je n'avais pas compris l'implication dans la santé holistique de facteurs aussi importants que la physiologie (organique/métabolique, catabolisme/anabolisme), le rôle des émotions (leur teneur énergétique, la manière de les vivre pour relâcher leur intensité), le rôle du mental (comment on pense, quelle est la teneur de l'état d'esprit/croyances et comment transformer le délétère en résilience), le rôle de l'amusement (cercle vertueux ludique/hormonal/moral), je n'en serais pas là actuellement. La notion de plaisir et de joie est à mes yeux essentielle, même si ça signifie commencer à très petites doses pour ne pas surexciter le système nerveux. Il n'y a pas de trop petits pas, en revanche rester sur place ne modifiera jamais rien.

 

Et tu sais quoi? Tout entraine une réaction en chaine: quand j'ai arrêté de me réprimer alimentairement (émotionnellement aussi), j'ai cessé d'avoir des pulsions alimentaires aussi fortes qu'avant, et je ne devenais plus dingue à l'idée d'avoir mangé telle chose. Je me félicitais même de l'avoir fait en conscience. J'ai ainsi commencé à oublier d'acheter des aliments "interdits", me tournant naturellement vers des aliments plus physiologiques, ne ressentant plus l'attraction fatale de l'interdit. Parce que c'est bien de cela dont il s'agit. S'autoriser, être présent à ce que l'on ressent sans aucun jugement ni forcing, est différent de céder/se lâcher inconsciemment. Quand on arrête de s’auto-flageller, on gagne en énergie en plus de gagner en amour de soi. Et l'inconscient est plus apaisé. Ce qui crée moins de symptômes. Cercle vertueux.

 

 

La vie est un buffet: si tu testes pas, tu ne sais pas

Tu découvriras que certains aliments sont plus appropriés à certains moments de la journée, selon les saisons, la température extérieure, en fonction de l'état de ton système digestif; que le jeûne n'est pas adapté quand ton énergie nerveuse est trop faible car ça risque de t'épuiser encore plus; que les jus de légumes sont lourds à assimiler par des intestins peu habitués à autant de super nutriments d'un coup, cela pouvant produire des phénomènes de détox trop forts et épuisants; que les légumes plein de fibres sont irritants pour une muqueuse intestinale enflammée par des années de stress ou/et d'alimentation non physio; que manger cru c'est super l'été quand il fait chaud car ça rafraichit et que tu n'as pas besoin de beaucoup de calories, mais pas en hiver quand tu as besoin de chaleur et de densité nutritionnelle (du gras nom de d'là, des glucides aussi!).

 

Il y a plein de choses bonnes pour le corps à découvrir dans l'alimentation vivante/physio mais ça ne veut pas dire qu'elles sont appropriées pour ton corps à ce moment précis, tout dépend de ton énergie nerveuse et digestive, de ton fonctionnement endocrinien.

 

Ton corps a toutes les clefs à dispo pour guérir. Ça prend du temps, de l'implication, de l'éducation, de la confiance, du rire et de l'amour (pour toi et ton corps). A ton rythme, c'est toi qui apprends à comprendre, à rigoler, à t'aimer, à expérimenter, personne ne peut le faire à ta place. C'est ce qui rend indépendant et permet de retrouver la vitalité de ton système nerveux et bien d'autres fonctions corporelles et psychiques que tu pensais bousillées pour le reste de ta vie. Faux. Rien n'est désespéré tant qu'il y a une lueur de vie et la volonté de la faire vibrer.

 

Tes symptômes et ton épuisement sont réels, ce n'est pas facile à vivre, loin de là. C'est même une expérience traumatisante qui continue d'alimenter quotidiennement ton corps en haut niveau de stresssss pour le moindre geste, la moindre activité, même d'1mn. Mais ton corps n'est pas malade au sens génétique/organique. C'est ton SNA qui a besoin de rééquilibrage. La compréhension et la présence donnent les conditions nécessaires à cette rééducation nerveuse. Saupoudrées de rire, nutrition, hygiène de vie adéquate, connaissances en physiologie, patience et amour de la vie, ça prend du temps mais ça fonctionne. Je te donne ma recette pour te montrer que tu peux procéder par toi-même, Peut-être trouveras-tu d'autres ingrédients. Je n'ai rien inventé, j'ai copié ceux qui savaient mieux que moi et j'ai utilisé ce qui me parlait.

 

Ce n'est pas parce que c'est long et difficile que ce n'est pas possible. Quelle que soit ta jeunesse, à haute tension nerveuse dans une famille dysfonctionnelle sans aucune affection/communication, ou débonnaire dans une famille aimante/à l'écoute avant d'avoir été stressé massivement à l'âge adulte par le boulot, des expériences difficiles ou tes exigences personnelles. Il n'y a pas de terrain spécifique, hormis une hypersensibilisation due à un contact prolongé avec des stresseurs de toutes natures qui se sont accumulés dans ta vie.

 

Je te laisse digérer tout ça, my dear. J'ai un joli millefeuilles qui m'attend... Et toi, qu'est-ce que tu aimes manger?

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Commentaires: 2
  • #1

    Lou (mardi, 17 décembre 2019 22:59)

    Hi Caroline !
    Jeûner est réservé aux personnes en relative bonne santé. C’est paradoxal et pas juste ! ... La leçon à tirer : En confiance oui, Kamikaze non ! Tout doux… ça s’appelle devenir adulte.
    La légèreté et le plaisir pour contrer la gravité et la rage génératrices de cortisol. Si on s’en gave trop, le cortisol est un poison plus violent encore que les pesticides et tout le toutim.
    Le truc le plus toxique ce pourrait bien être l’ennuie. On peut parfois faire des folies pour ne pas s’ennuyer. Après il faut payer la note. Comme un chien qui coure après sa queue. S’il parvient à l’attraper, il se fait mal. Une vraie tragédie grec. Et si notre raison d’exciter, non je veux dire d’exister, était simplement et seulement de courir en rond ?!?... Notre voie psychospirtuelle pour atteindre la transcendance. Mouai. Parce que… Non mais, enfin j’veux dire… Hein ? ... :-)
    Perso il faut que je bouffe régulièrement, sinon je me retrouve à genoux. La seule solution que j’ai trouvée c’est de grignoter des trucs sains à la place des biscuits. Des fruits, des olives. Mais les olives font grossir à vitesse supersonique. Le matin j’ai complétement transformé mon dèj. En ce moment : Kaki, saupoudré de paillettes de spiruline (bleu vert et orange, c’est beau…) et racine de curcuma à la croque comme une carotte. Le curcuma a un goût dégueu, mais emmitouflé dans une cuillère de purée de sésame ou de de noix de cajou, ça passe, c’est même délicieux et ça me fait vraiment du bien, ou alors c’est placéboesque ?
    Au fait, c’est quand même bizarre de chez brouillard ? Tu es, à priori, une nana « top gun » qui a « seulement » réussi à guérir d’une maladie réputée incurable (l’EM/machin truc), pourtant, très peu de gens semblent s’intéresser à tes vidéos … Merde alors…
    Jean-Lou

  • #2

    Caroline (mercredi, 18 décembre 2019 16:45)

    ah j'ai bien ri en te lisant, j'aime ton humour, merci JL! c'est rafraichissant, heureusement que tu es un original. t'as raison au sujet du cortisol, ça sert à rien de se focaliser sur la bouffe, si on est pas capable de se donner du plaisir de différentes manières, l'énergie restera loin de notre réalité.
    j'ai essayé le curcuma emmitouflé de purée de sésame, top! j'aurais pas pensé à ça, c'est bien bon, moi non plus j'étais pas fan du curcuma, trop bizarre comme goût. av un morceau de chocolat ou une datte pour une version sucrée, c'est chouette aussi. faudrait essayer si on est courageux av du gingembre mais ça promet d'arracher grave! les olives n'ont pas le même effet sur mon corps, dommage, ce qui montre à quel point notre physiologie universelle d'être humain est spécifique individuellement.
    tragédie grecque, je sais pas, comédie alternée avec tragédie, entrecoupé de moments de répit/speed, certainement. c'est qu'on met du temps à comprendre certaines choses... j'aime bien les toutous qui tournent en rond, en tout cas. faut bien s'occuper, l'ennui est un immense stresseur (la pro de l'ennui dans la vie, je suis).
    j'écoutais la BO de top gun sur mon radio cassette (au siècle dernier), j'étais amoureuse de Tom, of course. ça m'a rappelé une chanson, c'était chouette. merci :) je chante (faux) mais je chante et ça m'amuse bien.
    si j'avais guéri de manière conventionnelle, j'aurais du succès. là ça bouchonne trop les esprits allopathiqués, c'est horripilant de se rendre compte que ce qu'on croyait n'est pas tout à fait la seule manière de voir les choses. ça fera son chemin chez certains, peut-être. je ne pense pas que ça correspondra au plus grand nombre, quoi qu'il en soit. au moins je ne suis pas débordée par les commentaires et je peux me marrer qd tu m'écris!
    bises chocolatées dans un nuage de chantilly, take care