Bouge ton corps 1/2 : réanimation sensorielle

Le son a un effet immédiat sur moi, mon corps a envie de bouger dès qu'une musique entrainante se fait entendre. Il se meut avant même que mon mental ait compris cette envie primale de danser.

 

Ça se manifeste au début par un jeu d'épaules désarticulé, ma tête tournoyant ou se mouvant comme celle d'un poulet au long cou qui a perdu sa basse-cour (avance-recule, avance-recule, côt! côt!), ensuite le mouvement se répand aux autres parties... J'ondoie, je me déploie, je m'envole.

 

Toujours en retard, le mental, le ressenti vient avant le raisonnement. On devrait toujours plus faire confiance à notre cerveau viscéral qu'à notre cerveau cérébral. Le 1er sait sans avoir besoin de comprendre; ça lui prend quelques micro-fractions de secondes, c'est un sprinter, l'intelligence instinctive garante de notre survie. Magnifique comme un aigle toisant la piscine pastelle de l'infini. Le 2ème veut savoir/prouver/vérifier; ça lui prend du temps à comparé de son compère à boyaux, c'est un coureur de fond, l'intelligence mentale initiatrice de pensées/solutions. Collant comme un moustique un soir d'herbe cramée par le soleil.

 

Lorsque le mouvement me prend, il fait ce qu'il veut de mon corps. Je ne résiste pas, les ondes sonores me téléportent dans une autre dimension, celle de mon intelligence corporelle/sensorielle/intuitive. Je suis sensorialités en mouvements. Sans drogues, tout bénef pour mon compte bancaire. Je danse et/ou chante quand je prépare à manger, quand je conduis (aux feux rouges surtout), quand je marche (je fais gaffe à ne pas avoir de public, surtout si je chante), dans la nature. Je chante pour les arbres, les nuages, les oiseaux qui filent rapidement ou en folâtrant, selon leurs impératifs. Je les appelle, j'aimerais tant pouvoir voler avec eux. Voir ce monde d'en haut. Je n'ai jamais de cesse de prendre de la hauteur. C'est vital. Les cieux me fascinent, leurs dessins nuagesques me nourrissent. Je me régale de leurs vibrations, de leurs formes, de toutes les couleurs/ombres/lumières. Ce festin naturel est prânique, autant que visuel et auditif. Mon âme exulte, je chante et danse cette vie que je suis et qui m'entoure. Bienveillance et générosité inconditionnelles de la nature, du monde vibratoire sous toutes ses formes. Il faut plus qu'une paire d'yeux pour voir/sentir le monde tel qu'il est réellement.

 

Cette propension à planer m'inquiète parfois. Ma connexion au plus haut des cieux est plus facile que celle à la Terre. C'est pour ça que je ne prends pas de drogues, même si avec, je pourrais tenir là-haut plus longtemps. Seulement mon cerveau hypersensible partirait dans des contrées où je ne serais pas certaine de revenir, aussi me suis-je toujours tenue à distance de tout ce qui pouvait me faire planer chimiquement. Ma biochimie intérieure est largement suffisante pour ça, j'ai plutôt besoin de m'ancrer ici-bas, ce monde relatif solidifié tentant toujours mes velléités à m'en échapper. J'ai l'esprit volatile, dans un corps peu incarné, prompt à rejoindre l'infini.

 

Ici-haut, l'âme est plus à l'aise, et j'étais d'accord pour m'y planquer, vu ma vie. Mais si on a un corps, ce n'est pas pour s'en échapper avant la date de péremption finale. Ici-bas, on a une vie d'humain à réaliser. Aussi éprouvante soit-elle. Aussi "putain de sa race qu'est-ce que c'est que ce bordel de life" soit-elle. L'âme a signé son plan de vie, elle connait la date d'arrivée, celle de départ, les parents inconscients via lesquels rentrer dans la matrice humaine, les évènements majeurs de sa future vie en 3D, les aides/soutiens sur le chemin, les péripéties... Elle a tout calculé, la coquine, un vrai GPS divin, le temps de quelques nano-secondes d'univers.

 

 

Divins salopiauds

Faut avoir une âme sacrément gonadée pour s'incarner via un corps humain. Les anges applaudissent de leurs blanches ailes nos âmes vaillantes, ils sont trop chochottes pour remiser leurs plumes et leurs auréoles le temps d'une corporalité dans la 3D. Ils savent bien le boxon de la dualité, pas fous los angeles.

 

Une fois notre vie d'ici-bas échue, ils nous attendent tous excités avec haies d'honneur et tout le toutim: banderoles de bienvenue, trompettes recouvertes de fleurs, confettis dorés, nuages en cœurs, bisounours arcs-en-ciel et licornes à la crinière cristal, les yeux vibrants d'amour saveur marshmallows et d'admiration pour tous les battements de cœur que nous avons laissés sur Terre.

 

C'est cheesie mais très joli et rafraichissant, après une existence dans la dualité. Une sorte de sas de décompression avant de faire le bilan de toutes nos expériences terrestres. Un peu d'air divin pour salaire du retour dans l'éther. C'est la moindre des politesses, on en bave, dans un corps d'être humain. L'esprit est à l'étroit mais c'est choisi, notre âme s'est portée volontaire. Couillue/ovairue, vraiment.

 

Je l'ai souvent engueulée, mon âme, lui envoyant les poings serrés des "Pour qui tu te prends, t'as choisi mais moi (dixit mon ego épris de contrôle pas d'accord avec son plan de vie), j'en a marre! F***, je me fais ièche comme pas possible dans cette vie de galère! T'es maso ou bien? Quand est-ce que ça se termine bon dieu d'bon dieu? Je veux me casser d'ici tout de suite, je remballe, m'en fous de la vie, c'est d'la merde!!!..." Mes éclats de colère/rage/impuissance la faisaient bien rigoler. Elle comprenait, empathique, peu susceptible. La vexation est du domaine de l'humain, le divin est à des années lumières de ce genre de distorsion. Sinon, on ne serait pas sorti de l'auberge... Déjà qu'on doit se taper un oxymore de vie physico-métaphysique et passer des décennies à le mettre dans le bon sens. Ils sont sadiques là-haut, non?!?

 

Avec le temps, j'ai compris qu'ils s'en tapaient là-haut de ma "bonne conduite" ou de mon "bon langage". Ils adorent quand je gueule ma rage et beuglent des insultes! Je les ai entendus se marrer les premières fois où je me suis permise, une culpabilité en couronne d'épines autour de la tête, le fouet de mon jugement prêt à me frapper. J'avais tellement honte des mots qui sortaient en flots de ma bouche que je me retenais... Tant qu'ils restaient dans ma tête, je pensais que ça allait encore, comme si je pouvais me cacher mes pensées, aux cieux autant qu'aux autres (que dalle, ils voient tout). Exprimés tout crus, c'est autre chose, je t'assure. Gloups.

 

 

Re-vivre

J'ai commencé l'été dernier à écouter un peu de radio, quelques minutes à la fois pour ne pas épuiser mon cerveau. Cela ne m'était pas arrivé depuis des années tellement je ne supportais pas le moindre bruit. Même les cuicuis des oiseaux ou le bruit du vent dans les arbres. Tout son déchirait mes méninges, me donnant des maux de tête insupportables d'intensité qui ne me quittaient jamais vraiment. Un véritable casque de chantier anti-bruit est apparu dans mon existence au bout de plus de 3 ans d'exténuation chronique, je n'y avais tout simplement pas pensé avant... Penser correctement demande d'avoir les yeux en face des trous, pas au fond d'un trou noir. Je me contentais jusque-là de bouchons d'oreilles en silicone assez inefficaces pour un cerveau hypersensibilisé. Il m'est même arrivé de les enfoncer trop loin dans mon conduit auditif, ce qui résulta en une otite externe, en plus d'un crash, s'il est besoin de le préciser.

 

Une fois mon nouveau casque adopté, il ne me quittait plus, d'autant que démarrait un chantier dans la maison qui allait durer des mois et mettre mon hypersensibilté sensorielle à rude épreuve, avec crashs serial-killers d'espoir. Nerfs en pelote de laine emmêlée et énervée de trop de liens confus entre vie physique et méta-physique. J'étais larguée dans cette vie, paumée comme une petite enfant, cherchant la lumière au bout du tunnel, sans savoir que mon obscurité allait m'y aider au-delà de toutes mes espérances. On n'apprend pas quand tout est facile, confortable et lumineux; on évolue grâce au chaos. La souffrance extrême est un formidable tremplin d'évolution personnelle et spirituelle. Putain de bordel de vie, tout est à l'envers. C'est pour ça que le monde marche sur la tête, en tournant carré.

 

Avant toutes ces années d'exténuation, à part la très sérieuse France Inter, je n'écoutais jamais de musique. Je ne me souviens pas dans ma vie d'adulte avoir écouté de la musique après mes 25 ans, sauf dans un bar dans lequel je travaillais, le soir. Aller en boite, je n'ai jamais aimé, j'ai horreur de danser sur des rythmes que je n'apprécie pas. Comme il est difficile de zapper le DJ pour aller faire sa propre playlist, j'évitais le plus possibles les dance floors.

 

Pour se mouvoir en boite, il ne faut ne pas être trop difficile musicalement parlant, et il faut de la place. Être ensardiné avec des inconnus poisseux qui embaument l'alcool et la clope, rien de plus rédhibitoire à la créativité du mouvement libre. D'où ma conclusion à l'époque que je n'aimais pas danser ni chanter. Je n'appréciais pas le contexte, simplement. Il n'y avait que ça... Ça m’embêtait de ne pas pouvoir faire comme mes amis en soirée, je recherchais comme beaucoup l'affiliation sociale pour me rassurer, ne pas être seule.

 

S'identifier au troupeau importe, l'être humain est grégaire par instinct de survie. Les considérations ontologiques ne sont pas à l'ordre du jour dans notre cerveau reptilien adolescent qui nous pousse à vivre au pluriel. Ce, depuis Cro-Magnon, Cro-Magnonne et leurs poussins à peine poilus, nos ancêtres mi-bêtes mi-êtres. C'est atavique sans sauter de générations, on ne peut pas se le permettre autrement. Quand le troupeau va à un endroit, on est enclin à suivre sous peine de finir mort de faim/froid. Broutons ensemble, mes amis, tenons-nous chaud. La solitude est une voie de garage où l'on se réfugie quand on a essuyé trop d'avaries et/ou de rejets. J'ai dû être garagiste dans une vie antérieure, le cambouis existentiel, je connais bien.

 

Survie, adaptation, donc. Besoin vital d'être accepté/validé extérieurement. Intérieurement, on ne se pose pas la question, le champ de conscience n'en est pas encore là. Pour être infidèle aux rails tous tracés, il faut avoir une conviction profonde qui t'empêche de suivre ce qui t'est destiné. J'ai fini par ne pas suivre les rails, plus par malaise que par conviction ou choix, la culpabilité en bandoulière, l'estime de soi presque décédée, autant de honte que de colère.

 

Ce qui donne un système nerveux très sympathique au service de l'adaptation, familiale, personnelle, professionnelle et sociale... La totale. Ce qui a un coût, mais pas immédiat. Quand on est jeune et qu'on pète le feu, ça ne se voit pas. Le retour sur investissement (très fructueux) se fait sentir des années plus tard. Avec autant d'intensité qu'il a fallu dépenser d'énergie sur une trentaine d'années pour se sur-adapter et ne pas savoir qui on est vraiment tellement on passait son temps à être l'inverse.

 

Le caméléonisme est le corolaire du cerveau reptilien, en vigueur depuis nos ancêtres en peaux d'bêtes. A.k.a. se fondre dans la tribu pour survivre, être fidèle aux conventions/dogmes/diktats pyramidaux/patriarcaux, très créatifs en terme de maltraitances envers les singularités personnelles. Dans mon cas familial, il y avait une touche supplémentaire de "surtout ne pas faire de vagues/ne pas se faire remarquer/ne pas parler ou rire fort/ne pas exprimer ce que l'on pense/ressent, à moins que ce soit lisse." Mes ancêtres ont dû avoir super peur pour être aussi doués pour la sur-adaptation. Ils ont dû en recevoir des taloches/humiliations/menaces, certains ont même dû y passer. Ça rigolait pas à l'époque, la vie était rude et l'espérance, courte. Le dév perso, ils ne connaissaient pas, c'était pas l'heure.

 

#survivre.fidélité.suivre.lecourant  +  #démerde.toi.encaisse.nen.demande.pas.trop  +  #la.vie.cest.pas.facile.questce.quetucrois + # on.na.pas.toujours.cequonveut  =   le résultat existentiel que l'on sait.

 

Si on n'a pas toujours ce que l'on veut, on obtient toujours ce que l'on envoie, question de boomerang énergétique. Dans ta face, quand tu ne sais pas comment ça fonctionne.

 

 

Nostalgie en grappes de madeleine

Ado, l'endroit où j'écoutais de la zique à volonté, sans jamais danser cependant, c'était dans ma chambre, sur ma chaine HI-Fi avec double radio-cassettes. Sur le chemin de vacances aussi, tenant mon précieux walk-man (auto-reverse, dude!) dans la voiture parentale, m'imaginant que je faisais un clip avec mes chanteurs favoris. A la télé des années 80-90, il y avait le Top 50 pop-rock-rap-techno-danse... OMG, c'était au siècle dernier. Je suis old et je me sens si jeune pourtant. Je viens de re-vivre, c'est pour ça.

 

A quoi pensait mon esprit adolescent, merveilleusement simple, exempt de cogitations? Comment peut-on passer de cette insouciance innée à un mental qui court et flippe sans cesse? Quand la légèreté d'être fait-elle place au manque de connexion à son corps, au manque de plaisir d'être avec les autres? A quel instant commence-t-on la collection des moments difficiles/épuisants sur tous les plans, vivant en permanence dans la peur de la peur?

 

C'est hallucinant, la mémoire auditive: en une fraction de seconde, une chanson/musique entendue il y a plus de 20 ans fait rejaillir le moment précis, les personnes, le lieu. Les madeleines syncopées que j'ai recommencées à écouter cet été m'ont replongée dans cette période faste de ma jeunesse. Pink Floyd, Queen, Dire Straits, Annie Lennox, George Michael, REM, Kate Bush, Police, Sting, Phil Collins, Mickael Jackson, Madonna, Scorpions, Jeff Buckley... Indochine, Téléphone, JJ Goldman, MC Solaar, JL Aubert, Jeanne Mas, Balavoine... J'en oublie tout plein.

 

Quelques samples, enjoy, ça te rappellera j'espère de bons souvenirs: 1ère boom/soirée, 1er flirt/slow, 1ère murge, 1ers pétard/clope, 1ères vacances sans les parents... :

 


 

J'aimerais beaucoup pouvoir revivre ce que je ressentais à l'époque le temps d'une journée. Je riais beaucoup, mon univers de copines me suffisait pour être heureuse. La gaieté et les amitiés sauvent de beaucoup de choses quand on est atteint depuis le plus jeune âge d'ennuïte aiguë, plus par imprégnation environnementale/familiale que par surdouance intellectuelle. Rien que pour ça, je suis reconnaissante d'être allée à l'école. Pour le reste... Pas appris grand chose d'essentiel hormis lire, écrire et compter. 8+35:,oui, je gère, 49-15, aussi, mais ne me demande pas de faire 49 divisé par 2,4 ou 627,8 x 45 sinon j'appelle direct ma calculatrice et tu vas voir ta gueule à la récré.

 

Bravo, ça valait le coup de faire 15 ans d'études pour si peu de connaissances retenues. 15 ans oui, depuis le CP (je ne compte pas la maternelle, ils nous fichent encore pas mal la paix) jusqu'à bac +3, sans redoublage. On est tous des génies pour supporter plus d'une décennie d’endoctrinement du néocortex. Le mental devient un monstre obèse alors que les émotions, la créativité, la corporalité, les relations (à soi et aux autres), le lien avec la nature sont totalement occultés du programme. Mises de côté, ces matières très intelligentes créent la réalité de ce monde par leurs sous-développements autant que par la présence du mental sur-gavé, fatigué un jour viendra de tant d'acquisitions indigestes.

 

J'exagère, j'ai appris à m'ennuyer sans le montrer, à penser que j'étais nulle quand j'avais des mauvaises notes (confusion identité /valeur et résultats), à me comparer aux meilleurs élèves (idem), à me taire quand je me faisais humilier sans raison (soumission/peur de l'autorité), à me fondre dans le moule avec beaucoup de talent. Très douée dans toutes ces matières, la Subtil.

 

J'ai aussi appris à penser que là où j'avais des facilités (arts-plastiques, sport, anglais, français), n'était pas des matières si importantes que ça, comparées aux très Zzzhonorables mathématiques, biologie, chimie tant valorisées à l'époque... Et que mes compétences relationnelles, dont celles pour faire marrer mes copines, n'étaient pas les bienvenues... Tais-toi, tiens-toi bien sinon tu seras collée, soumets-toi à un système scolaire qui s'occupe plus de faire rentrer ton esprit dans des boites qu'à l'expandre pour développer ta curiosité et tes savoirs-êtres/talents innés. On sort de l'école comme des sardines en conserve. Ça pue grave, une industrie de sardines.

 

 

"C'est quoi la vie avant la mort?"   Pierre Rabhi

Ce qui résulta en un choix de bac à l'opposé de mes prédispositions naturelles pour faire bien devant les autres (aucune pression parentale, je me conformais toute seule par capillarité familiale/culturelle inconsciente) et sur le futur portrait-robot professionnel (CV, peu de vie là-dedans pourtant...): pas scientifique pour 6 sous, j'ai eu mon bac D (maths et bio) passablement. Alors que la filière A (L maintenant) aurait été plus appropriée, option théâtre/déconnade. Faire ma guignole, en bonne lyonnaise, aurait été très utile pour la future énervée de la vie que je ne manquerais pas de devenir.

 

Les conseillers d'orientation n'ont rien vu, je savais les orienter, tout désorientée que j'étais. Quand on est gône, on sait pas qu'on sait pas. Même adulte, ça continue, ce qui ne manque pas de foutre le binz dans l'existence de multiples manières, malgré les zolis diplômes. C'est bien là le problème: on grandit en âge mais on ne grandit pas intérieurement, en conscience.  La vie arrive... Pour que ça arrive. Elle se charge de notre éducation, démontrant une grande créativité. Celle qui nous fait défaut à force d'avoir un ciboulot bourré à craquer grâce à l'éducation championne nationale d'esprits en boites.

 

Tous ces "savoirs" académiques, bulletins de notes dénués de savoir-êtres et d'intérêts, peu représentatifs de la personnalité, se révéleront, toutes matières confondues pendant 4 ans de collège et 3 ans de lycée (j'allais pas redoubler, pas folle la guêpe, supporter ça une année de plus non mais oh), ces "savoirs" se révéleront donc très efficaces pour vivre plus tard dans la société des Zzzadultes, faire honneur à la passation transgénérationnelle et jusqu'à aussi loin que remonte l'inconscient collectif: avoir un travail. L’étymologie du mot "travail" serait parait-il "tripalim", instrument de torture à 3 pieux. Charmant. Combien d'humains se font chier sur terre dans leur vie professionnelle? Tout ça pour acheter de la "nourriture" en paquets au supermarché discount, pour consommer des légumes tchernobylisés de producteurs sponsorisés pour accepter de verser des hectolitres de produits à tête de mort sur leurs cultures, pour se lobotomiser avec du divertissement de masse de plus en plus débile et pour acheter des tonnes d'objets qui ne comblent pas grand chose malgré la satisfaction éphémère sans cesse réitérée pour nourrir le besoin d'encore-acheter.

 

Compulsion, quand tu nous tiens. Après le cumul de connaissances de l'enfance, le cumul de biens de l'adulte. Très con, ça blinde nos penderies/placards comme l'école sature nos boites crâniennes qui embaument la grisaille de vivre juste avant d'arriver sur le marché du chômage. Les objets font par exemple de nos cuisines des pièces high-tech où une machine à café multi-fonctions designée par un architecte en mal de diversité pourra bientôt tondre le gazon et nettoyer les vitres en même temps - je leur donne moins de 10 ans pour réaliser ce petit bijou de technologie, avec option "brossage de dents" pour les plus nantis. Dans les années 50, une cuisine ressemblait au tiers-monde: une table, une chaise, un poêle, une marmite, un grand couteau, 3 couverts, un verre, une carafe, un dessous-de plat, éventuellement un rond de serviette et on avait la totale.

 

Au final, le jour der de der, on finit dans un seul vêtement, sans compter culotte/caleçon, avant la crémation. Ça vaut bien le coup de cumuler, tous les Zzzhéritiers font don des restes à Emmaüs - générosité soulageante, bonne conscience écolo-solidairo, faut aider les autres et recycler pour protéger notre bleue planète dis donc.

 

C'est fou ce qu'une vie d'objets compte. Pouf, tout disparait. Comme les centaines de leçons apprises à l'école.

 

Que reste-il vraiment?

 

C'est quoi ta vie avant un jour viendra, ta mort?

 

 

 

 

------> par ici la suite! :  Bouge ton corps 2/2

 

 

 


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