Tu ressens trop ce que tu ne veux pas sentir

Avalanches de stimuli

La peur d'être épuisé si tu fais telle activité, la peur de ne pas pouvoir marcher ni faire la vaisselle, la peur des symptômes, la peur de cette maladie mal connue de la médecine, la peur de ne pas être entendu ni compris, la peur de l'invalidité, de rester ainsi toute ta vie, la peur de voir ton état s'aggraver, la peur de ne plus pouvoir sortir de chez toi, de dépendre d'autrui à vie, de ne plus pouvoir aller travailler, la peur de n'avoir personne à qui te confier...

 

 

La liste des peurs et autres détresses (frustration, colère, honte, culpabilité, découragement, désespoir, apitoiement, hébétude) est interminable quand tu reçois (super cadeau!) le diagnostic et que tu as passé trop de temps à aller voir sur internet des informations aussi alarmantes que désespérantes, après avoir consulté tout un chapelet d'apôtres du Dieu Médecine qui n'ont pas su quoi faire pour t'aider ou seulement comprendre ce que tu tentais de leur expliquer.

 

Ces terreurs qui s'accumulent avant et après le diagnostic puis d'années en années de "maladie" ont un impact direct sur ton cerveau et plus spécifiquement ton SNA (système nerveux autonome), dont ton SNsympa est constamment sollicité en mode alerte rouge.

 

D'autant que cette pathologie se déclenche déjà du fait de stresseurs multiples que tu as eus dans ta vie, ce qui en rajoute en stresssss sur le SNA et finit par immobiliser de terreur le corps-esprit, terrassé par des doses massives d'adrénaline/cortisol, épuisant les surrénales déjà exténuées, sollicitant le système endocrinien autant que le système nerveux, et les zones du cerveau reliées aux émotions (hypothalamus, amygdale, cerveau limbique, pour faire simple).

 

Au niveau physiologique, tout s'explique très bien, ton SNA est en live et c'est une avalanche de causes-conséquences symptomatiques qui se répètent en boucles de plus en plus grandes. Ce qui crée et entretient ta soi-disant maladie.

 

La peur des symptômes, quand ils débutent, est ce qui démarre ce processus boule de neige, et surtout cette croyance de penser que ton corps ne va pas bien du tout, qu'il a forcément quelque chose même si tous tes examens médicaux ne montrent rien de significatif. Tu en viens à douter de la médecine, d'autant qu'en te baladant sur les forums tu découvres des tas de personnes comme toi avec d'autres symptômes. Ton niveau de perméabilité réseau-sociale et ta sensibilité émotionnelle grimpent d'un coup dans les tours (cf onglet 'neuroplasticité').

 

Après tout ce que tu as lu de pas jojo, tu commences à appréhender chacun de tes symptômes, tu es sur les nerfs et anxieux en permanence, en mode parano de ton corps mais sans vraiment t'en rendre compte. Cette haute-tension continue ne favorise pas la relaxation de ton corps-esprit (euphémisme) qui t'envoie des signaux que "oui, il se passe quelque chose! ils sont cons ces médecins pour ne rien trouver?!?" Tu commences à croire que ça doit être grave puisque c'est très intense et que les blouses blanches te regardent avec des yeux de merlans pas fris: ils ne savent vraiment pas comment te soigner.

 

Tu continues un cran au-dessus à développer de plus en plus d'angoisse et d'anxiété. La peur des symptômes devient centrale dans ta vie, pour le moindre geste ou la plus petite activité: tu es en anticipation, observant les réactions de ton corps que tu penses défaillant, malade. Tu t'imagines avoir une tumeur au cerveau tellement tu as mal à la tête, ça te lance de partout dans le corps, tu perds l'équilibre, ta vision se brouille, tes intestins font des nœuds de marin ce qui complique ta digestion, ton sommeil fout le camp avec ton moral déjà pas bien haut... La liste des symptômes peut monter jusqu'à une dizaine par personne, une trentaine existe environ, d'après ceux qui aiment faire des listes (sur les forums de maladie, pour bien te faire flipper neuroplastiquement et inconsciemment parlant). Par mémétsime, tu peux même choper des symptômes que tu n'avais pas avant de les lire sur les forums (la mémétique, élément de comportement transmis par imitation, propagation, adhésion à des phénomènes socio-culturels).

 

Tu te crois dans un cauchemar qui n'en finit pas. Tu continues de flipper pendant des mois et tu penses qu'il faut te reposer un max pour limiter les douleurs et l'épuisement. Très logique sauf que tu t'aperçois que ton corps ne récupère pas d'énergie ou très peu malgré des doses massives de repos, ce qui te terrorise de plus en plus. Et tu continues d'aller voir sur les forums ce que les autres en disent, quand ça fait mal ça fait du bien de ne pas être seul. Quand ça fait peur aussi, triste partage, qui t'imbibe encore plus de dépression et d'angoisses. La propagation est plus contagieuse qu'un virus mondialement répandu!

 

 

 

WTF...?!!?* (c'est quoi ce bordel, putain...?!!?)

* What The Fuck

Terrorisé, tu ne ressens pas consciemment toutes tes angoisses tellement tu es préoccupé par comment faire face à ce que tu vis. Écouter ton corps et tes émotions n'est pas dans tes prérogatives: tu fais énormément d'efforts pour assurer le quotidien et fonctionner normalement - parfois sans rien dire aux autres pendant des mois, des années, au prix de douleurs et de pushs/crashs que ton entourage ne peut même pas imaginer.

 

Ça te demande 20x plus d'énergie qu'avant de faire des gestes et activités anodines. Tout est une épreuve, chaque heure de la journée un challenge-calvaire, comme si tu escaladais le Kilimandjaro en tongs et à reculons. Personne ne le voit, cette maladie est belle et bien invisible, pas d'bol.

 

Tu as honte d'être aussi défaillant, de ne pas pouvoir maitriser ta vie, tu te sens coupable de ne plus pouvoir assumer comme avant alors tu te pousses, encore et encore. Tu as des responsabilités, un loyer à payer, des enfants. Tu déploies une volonté féroce pour endurer les multiples souffrances de cette vie quotidienne en apparence normale. Tu rapprends à résister en permanence à ce que tu ressens, ce qui te pompe autant d'énergie mentale que physique et aboutit inévitablement à des crashs en série.

 

C'est très difficile d'accepter ton état et l'imbroglio médical dans lequel tu es plongé, ce qui rend d'autant plus difficile la compréhension et la gestion de ta situation car tu es seul à y faire face, sans aucune aide. Comme tu n'y comprends pas grand chose toi-même... Autant dire que c'est panique à bord. Tu cherches à faire bonne figure et parle peu d'une pathologie difficile à expliquer en quelques mots.

 

Ton inconscient déborde de terreurs accumulées et tu développes des symptômes psychiques aussi impressionnants que les symptômes physiques (tant qu'à faire, effet d'avalanche): anxiété grandissante, attaque de panique, pensées suicidaires, dépression sévère... De mieux en mieux question intensité. La colère, la déception et la frustration alimentent une rage inconsciente et très saine qui ne fait que grandir en toi (cf onglet 'l'inconscient'). Tu ne te permets pas de la ressentir car tu prends sur toi et continuer à aller travailler, à vivre en apparence normalement.

 

Cette surcharge émotionnelle (la peur, la honte, la culpabilité, la tristesse que tu ressens quotidiennement des dizaines de fois pendant des mois, des années) met ton cerveau en état d'alerte, de survie perpétuelle, ce qui épuise ton SNA qui devient hyper-sensibilisé et veut te balancer dans le corps des doses massives d'adrénaline/cortisol. Sauf que tes surrénales, dont c'est la fonction, sont dans les choux depuis des lustres, elles n'arrivent plus à sécréter ces hormones du stress, ce qui les épuisent encore plus et toi aussi. Tu fais des malaises après avoir passé 1mn sur tes jambes, ou monté un escalier. Tu ne comptes même plus les crashs pour avoir fait 15mn de ménage, être allé faire les courses ou avoir passé une heure avec des amis. Tu redoutes toutes les activités, même les plus petites. Ton cerveau est tellement conditionné en mode 'alerte atomique' que tous les actes de ta vie quotidienne sont tintés de tes appréhensions intersidérales qui ne font que perpétuer ta soi-disant maladie.

 

Mais tu l'étais déjà avant, hyper-sensible. Bé oui, si tu as cette pathologie c'est que déjà tu étais du genre sensible, voire trop, à prendre les choses très à cœur, réagissant au quart de tour à la moindre déconvenue, faisant bonne figure pour assurer toutes tes responsabilités et l'image de personne fiable et sérieuse que tu veux donner, aux autres autant qu'à toi-même. Tes surrénales ne se sont pas retrouvées épuisées du jour au lendemain, le corps humain a des réserves qui mettent des années à se vider, ce qui est le cas quand on tape trop dedans à force d'activités/stresseurs en tout genre. Fatigue chronique, burnout, infections chroniques (virus, bactérie ou champignon, au choix), dépressions au long court ne sont que des préliminaires soft à l'EM/SFC (et autres maladies chroniques, les étiquettes varient mais les causes sont les mêmes).

 

 

Formatage et moutonnerie, le dressage éducatif

Les émotions font partie de notre humanité. Sans elles, on ne serait que des robots. Notre éducation et la société nous ont souvent renvoyé qu'elles étaient malvenues, nous jugeant puériles, ridicules, faibles voire hystériques si on les exprimait. Petit, c'est tout juste si on nous autorisait à pleurer, à crier, à hurler de joie, nous enjoignant sans cesse de nous contenir et de nous calmer, pour preuve de notre bonne éducation.

 

Du dressage la plupart du temps, ouais. Concrètement, les "pleure pas", "tais-toi", "c'est rien, c'est pas grave, t'as pas mal", "fais pas ton bébé" sont monnaie courante dans le dressage émotionnel. Je n'ai jamais entendu un parent dire à son enfant: "hurle", "pleure autant que tu veux", "crie plus fort" pour l'aider à exprimer l'énergie émotionnelle qui le traverse. Jamais. Dommage, bien canalisé, c'est très utile et sain.

 

Je ne te parle même pas du dressage mental et psychologique que tu as suggestivement intégré durant ton enfance, sous les flèches invisibles d'injonctions culpabilisantes telles que: "fais plaisir" (= sois pas égoïste, fais passer les autres avant toi), "sois gentil" (= t'as pas le droit de ne pas avoir envie d'être gentil), "sois fort" (= encaisse mon gars/ma cocotte, ne pleure pas), "dépêche-toi" (= tu es trop lent, bouge-toi), "arrête de faire ton intéressant" (= pour qui tu te prends là?)... Et autres délicatesses prescriptrices de la peur/honte/culpabilité d'être toi qui t'ont mis la pression petit et que tu charries inconsciemment comme un grand toute ta saine (satanée) vie.

 

Mais tu es bien élevé, c'est ce qui compte. Tes parents sont fiers de toi, ils peuvent t'exhiber sans culpabilité, te présentant aux yeux de la société comme fonctionnel. Dans un monde qui tourne carré, le fonctionnel devient vite dysfonctionnel mais le formatage est tellement immense et évident que tout le monde en est aveuglé. Ils t'ont bien dressé, donc, tout comme ils ont été bien dressés/conditionnés à taire leurs émotions et à se soumettre aux autorités diverses et variées (leurs parents, professeurs, médecins, patrons etc.) pour preuve de leur sociabilisation. Prêt à rentrer de plein pieds, plein de vitalité, dans la vie active.

 

Ouarf. Une grande farce que tout cela, du bon matériau pour futures thérapies, conduites moutonnesques et victimaires en tout genre, accumulation de stresseurs émotionnels qui s'ajouteront aux stresssss multiples de la vie adulte qui ne manqueront pas d'advenir et, cerise sur le cheese-cake, une maladie hors-norme inconnue des brigades médicales pour fêter tant d'inconscience et d'ignorance. Bravo, on peut applaudir des mains et des pieds, c'est merveilleux de limpidité!

 

La société a peur des émotions - tes parents aussi, sinon ils ne t'auraient pas aussi bien dressé. Ils s'en sont pris probablement plein la tronche, peut-être même plus que toi à une époque où la maltraitance physique était la moindre des politesses pour bien éduquer son enfant (sponsorisé par martinet &co). Avant que Dolto n'arrive, c'était la Bérézina à la maison. Même après Dolto, les plus inconscients (ou les plus blessés) n'ont pas compris comment faire autrement et ont perpétué, fidèles à leurs ancêtres refoulés/dressés, toutes sortes de maltraitances. Incapables d'accéder à leurs propres émotions (les douloureuses et toutes les autres, les non-autorisées par la bien-pensance coincée du uc et celles censurées par la police du regard des autres), ils ont projeté leurs souffrances sur leur progéniture et étouffé leur véritable expression personnelle sans savoir qu'ils instituaient dans la psyché de leurs enfants les mêmes difficultés qu'eux-mêmes avaient rencontrés. Cercle vicieux, quand tu nous tiens. Et certains se demandent encore pourquoi il y a tellement de violences dans la société, tellement de conflits dans le monde. C'est tellement évident que c'en est triste/marrant.

 

 

Constipation émotionnelle de haut vol = hypersensibilisation du SNA

Les émotions non exprimées au quotidien ou réprimées depuis longtemps ne disparaissent pas parce qu'on ne les voit/ressent pas ou qu'elles ont 10-30-50 ans d'existence. Bé non, ton p'tit corps enregistre tout dans ses cellules (ressentis et sensations, physiques autant qu'émotionnels) et dans ton super disque dur interne: ton inconscient.

 

C'est d'ailleurs une de ses fonctions majeures: mémoriser tout. Pas de jugement, il garde tout, le bon comme le pas bon, l'agréable comme le désagréable. Pas compliqué, l'inconscient. Plutôt consciencieux et bosseur, rien ne lui échappe, la moindre de tes émotions, le plus petit mouvement d'humeur.

 

Le tout chapeauté par ta psyché. Il a ses codes de bonne conduite, le Parent en toi (cf onglet 'l'inconscient') tout comme ton conscient a des codes de bonne conduite, le 'syndrome de la bonne personne'.

 

Quand comme toi on est devenu un professionnel de la résistance et des apparences, une machine à faire et à ne pas ressentir les douleurs de ton corps que tu penses malade (il est juste épuisé par tant d'incompréhensions qui ont régit ta vie), l'inconscient est gavé en permanence de nouvelles émotions qui se rajoutent à celles de ton historique de vie. Ta conscience est un peu endormie car on ne lui a jamais appris à l'école ou à la maison ou au travail comme ça fonctionne un être humain avec des émotions, des pensées, des comportements, des croyances, une psyché, un corps.

 

Tu es loin d'être bête mais toute ton éducation n'a fait que ça: te faire devenir hamster pour courir le plus vite possible dans la roue de la performance/bonne figure en réponse aux attentes extérieures. Il y en a qui croient encore que le QI intellectuel est le seul signe d'intelligence, avec pour preuve le portait-robot que tu présentes à tes entretiens d'embauches (ton CV). Quid du QI émotionnel, QI intuitif, QI créatif? Ah ben non, on n'a pas ça en stock, dit l'éducation nationale, on veut juste faire rentrer au chausse-pieds le plus d'infos inutiles dans les crânes vides de tous ces incultes de n'enfants! En plus, faut qu'on les dresse (pardon, les punisse) s'ils ne se comportent pas comme on veut (docile, bien sage, assis au bureau-pas bouger-pas parler).

 

L'afflux émotionnel douloureux dû à tes soucis de santé est constant, ce qui stresse énormément ton SNA et continue de déclencher la spirale infernale des symptômes. Parce que tout ce que tu as lu et entendu sur ta soi-disant maladie te vient de sources déprimantes et pessimistes et que tu ne peux même pas te tourner vers la médecine pour trouver des solutions.

 

Tu crois que tu as une maladie alors que non, ton organisme a une surcharge nerveuse qui ne peut trouver aucune résolution tant que tu ne comprends pas comment ton corps-esprit fonctionne et tant que tu continues de mobiliser toute ton énergie nerveuse (physique, émotionnelle et mentale) à ne pas ralentir, à ne pas écouter/ressentir tes pensées/émotions de toutes natures et à vivre constamment dans la peur. Tu as tellement appris à avoir peur de ce que tu vis/ressens et à sur-cogiter pour tout contrôler dans ta vie... Ce n'est pas de ta faute, l'éducation était faite pour te conditionner ainsi. Ton espace émotionnel n'est pas dangereux, tu peux tout à fait fraterniser avec tes émotions pour savoir quels sont leurs besoins et comment les nourrir au mieux. Elles ne sont pas tes ennemies. Tu comprendras que ce sont uniquement des  facettes de toi qui te traversent, pas toi-qui-tu-es, et qu'elles cachent souvent des blessures. Pour avoir une vie/santé de belle qualité, tu n'as pas à les contrôler ni à en avoir peur. Bien au contraire. Elles ne demandent qu'à être entendues/acceptées/câlinées, ce qui permettra à l'énergie émotionnelle bloquée de se débloquer. Car les émotions sont des énergies!

 

 

Hypersensibilisation vs hypersensibilité

Les personnes qui ont le tampon 'EM/SFC' ou autre présentent souvent cette caractéristique d'hypersensibilité émotionnelle. Pas toujours, c'est facile de confondre hypersensibilisation du SNA et hypersensibilité même si les deux sont reliés chez les personnes dites hypersensibles.

 

Que leur système nerveux ait été hypersensibilisé du fait de leur hypersensibilité propre ou d'un vécu stressant dans une famille dysfonctionnelle (peu nourrissante/soutenante/à l'écoute, trop exigeante/dépréciatrice/toxique, avec des parents peu en contact avec leurs émotions, des conflits ou violences familiales, tout un panel de stresseurs hautement sensibilisants pour un jeune organisme dont le modèle du monde s'indexe sur les comportements parentaux) ou du fait d'une vie adulte trépidante, faite d'exigences multiples et d'une hygiène de vie énergivore, le résultat est le même: l'hyperactivation du SNA épuise le corps qui trouve des moyens d'adaptation que l'on appelle "maladie". Bingo mon coco!

Être décentré va souvent de pair avec le magma émotionnel que ressent inconsciemment la personne hyper-sensibilisée, d'autant plus si il/elle a vécu de nombreux traumatismes, n'a pas été sécurisé*e dans son enfance ou a vécu des évènements douloureux en tant qu'adulte. Il/elle peut se trouver déstabilisé*e à la moindre chose venant de l'extérieur, les stimuli sensoriels comme les comportements de ses semblables; il/elle peut être facilement influençable, sa sensibilité extrême le*a rendant poreux*se à tout et à n'importe quoi/qui. Étant donné qu'il/elle n'est pas sécure intérieurement, il/elle a tendance à ne pas se faire confiance et à remettre son autorité dans des mains extérieures, son pouvoir se trouvant tributaire de ceux qui se le voient confier et qui peuvent l'utiliser à leur avantage. Très dangereux, ça, très insécurisant surtout. Mais l'hyper-sensibilisé*e veut à tout prix plaire/être aimé*e/accepté*e et va déployer des trésors de stratégies (sur-adaptation, évitement, compulsion, séduction) pour obtenir un peu d'attention/reconnaissance. Il/elle va bosser dur pour prouver sa valeur et tenter de prendre un peu confiance en lui/elle. Ce qui ne marche pas et l'épuise intérieurement, émotionnellement, mentalement, renforçant son hypersensibilité par effet immédiat. Je cause/conséquente en connaissances de causes/conséquences...

 

Désapprendre est un processus conscient. Tu as appris à ne pas écouter/ressentir tes émotions, ou lorsque tu tentes de les écouter tu es atterré de l'ampleur de ce que tu sens en toi et préfères ne pas entendre. C'est ce qui crée et entretient ta soi-disant maladie, la peur de tes émotions étant un aimant à problèmes. Ta sensibilité est pourtant un trésor. On ne te l'a peut-être jamais dit? L'hypersensibilité aussi. Empathique, compatissant, aimant le partage, la collaboration, fuyant le conflit, recherchant l'harmonie en tout... Tu es peut-être hypersensible par nature mais tu n'as pas besoin d'être hypersensible pour être empathique, contrairement à ce que pensent certains "empathes" (à modeler) à la mode spirituelle du moment. Être hypersensible est néanmoins une particularité d'un pourcentage de la population (environ 20%) qui sent tout plus fort que la moyenne des gens. Une sorte d'hyper-prégnance/connexion à ce qui se passe autour de soi. Les personnes hypersensibles ont un système nerveux plus réactif et sensibilisable qu'autrui, ce qui fait qu'elles sont plus sujettes à se voir attribuer certains tampons comme l'EM/SFC, fibro, lyme ou autres joyeuses soi-disant maladies (bipolarité, dépression...). Bingotte ma cocotte.

 

L'hypersensibilisation du SNA est d'autant plus importante si tu as réprimé tes émotions depuis des années/décennies, ce qui crée ce magma émotionnel bouillonnant en plus d'aboutir à un hiatus intérieur: pour être une bonne personne performante bien docile aux autorités, faut pas trop écouter ton intérieur. Ce qui stresse encore plus ton inconscient qui aime se faire plaisir/vivre ses pulsions et n'apprécie pas la contrainte/être bien élevé. Ton être ressent ce qui t'éloigne de tes valeurs quand tu agis pour correspondre à l'extérieur plutôt que d'honorer ta singularité. Inévitablement ton système nerveux le ressent. Si en plus tu es du genre rêveur, créatif, esthète, doux, gentil, peu compétitif, introverti, ton système nerveux est mis à rude épreuve dans cette société hyper-productiviste/matérialiste: mieux vaut ne pas montrer ta véritable personnalité sinon tu risques de te faire boulotter tout cru par les autres. Ah, c'est déjà fait?!? T'inquiète, tu n'es pas le seul. La bonne nouvelle, c'est que tu peux conserver ton hypersensibilité tout en te sentant capable de péter la gueule de ceux qui viendraient te chercher des noises! Oui, c'est tout à fait compatible, ne confonds pas hypersensibilité avec faiblesse. La véritable faiblesse est de croire que pour être fort on doit étouffer sa sensibilité. C'est très sensible de ressentir ton poing dans le groin de quelqu'un :-D  Seulement en cas de légitime défense!

Tes émotions sont les émissaires de ton esprit/âme/corps, apprendre à les écouter est aussi possible qu'apprendre à ne pas les écouter. Même si elles te paraissent effrayantes/pas permises, trop puissantes/violentes, même si tu ne sais pas si elles t'appartiennent ou si tu ressens celles des autres, tu es en sécurité, tu peux les ressentir, ça ne te tuera pas. Au contraire, cela relâchera la pression dans ton inconscient, les laisser sous le couvercle est ce qui le fait déborder à un moment donné, ça ne fait que te fragiliser encore plus en activant en permanence ton SNA. Apprendre à ressentir toutes tes émotions t'aidera ensuite à apprendre à t'écouter, à écouter ton intuition, tes tripes, ta créativité et à suivre ton ressenti/autorité plutôt que de bêler constamment avec le troupeau. Tu apprendras à canaliser ta richesse émotionnelle et les immenses capacités dont elle a doté ta personnalité.

 

 

La connexion au corps via la médiation, la sophrologie, le massage ou l'auto-massage, le yoga, la respiration, la connexion à la nature ou aux autres de façon douce et empathique, l'art-thérapie ou toute autre technique de relaxation qui visera à abaisser le volume du stress intérieur en procurant une sensation de bien-être, de réassurance et de sécurité, permettra petit-à-petit de relier ton vécu intérieur aux exigences extérieures de ta vie en rééduquant ton SNA en douceur.

 

 

La relaxation et le vécu émotionnel favoriseront la sécurité en toi, ce qui te donnera les clefs pour retrouver de l'apaisement aux niveaux corporel et intérieur, ce centrage très ancrant et dynamisant qui aidera ensuite ton individualité de s'écouter sans passer par l'affiliation automatique à l'extérieur. Ça passe par une reconnexion/reconnaissance de ce qui t'anime au quotidien, une conscience de la teneur émotionnelle qui t'habite et une présence pour l'honorer à sa juste valeur, quelle qu'elle soit. C'est simple et c'est très beau, en plus d'être très bon à la santé et très énergisant.